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Vendredi 25 août à 10 h 00 – Salle 1

Pourquoi montrons-nous des documentaires ?

Nous sommes tous, programmateurs, animateurs, passeurs et distributeurs, partie prenante du développement quasi-exponentiel de la diffusion de documentaires sous forme de « projections publiques ». Cette terminologie un peu raide n’est ici destinée qu’à permettre de refléter la diversité des fonctionnements, des pratiques, des statuts, des lieux et des publics.
Il n’empêche, nous projetons des documentaires de manière « spécialisée » : tout un festival, toute une section, toute une saison… tout un programme.
Nous héritons en cela d’anciennes pratiques, nées au temps où le documentaire était asphyxié par sa marginalisation (de la distribution à la télévision). Nous héritons aussi d’une histoire du documentaire, inscrite dans celle du cinéma, qui ne commence pas au plus récent frémissement, et qui nous aide à prendre la mesure du « nouveau » comme de l’ossification des formes « de référence ». Un quart de siècle plus tard, donc, il semblerait que le documentaire ait acquis ou retrouvé une place moins ingrate. Nous savons bien comment « relativiser » cette embellie, mais admettons… pardon, quel(s) documentaire(s) ? C’est-à-dire, dans quelles relations avec les spectateurs ? Pour quel désir ou quel rêve que « quelque chose se passe » entre les uns (les films) et les autres ? Sur quoi se fondent aujourd’hui nos efforts obstinés pour rassembler « des gens » devant « des documentaires » ? Il nous importe d’exposer et de mettre en jeu nos pratiques et plus encore ce qui les anime, car nous attribuons au documentaire, volens nolens, une « valeur d’usage », une vertu sociale dont la fiction n’aurait pas (aurait moins) à répondre. Et cette « spécialisation » qui nous rassemble ne doit pas faire l’économie du spectateur : le spectateur que chacun de nous est, et qu’il reste quand il montre à d’autres. Ce terme irréductible de la relation aux œuvres que nous mettons en jeu, par engagement ou par profession.
Il importe donc que nous écoutions, à Lussas, ceux qui nous accompagneront dire les relations qu’ils entretiennent avec ces films-là, cette histoire-là du cinéma (et de l’audiovisuel ?) ; il importe que nous mettions en mouvement, le temps d’une rencontre, rien moins que nos cinéphilies.

Invités : Jean-Louis Comolli, Pierre Oscar Lévy

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Friday, August 25 at 10 am – Room 1

Why do we show documentaries?

We, programming executives, moderators, smugglers, and distributors, are all party to the almost exponential growth of public screenings of documentaries. This rather limited term is used here to reflect the diversity of functions, practices, status, venues and publics.
Despite this diversity, we do show documentaries in specialized ways: an entire festival, an entire slot, an entire season and an entire grid.
We have inherited all of this from the practices of the past, initiated back when the documentary was stymied by its marginalization (television distribution). We have also inherited a history of the documentary, inscribed in the history of film; and it did not begin with the most recent surges of interest. This history helps us to identify what is new, such as the ossification of forms of reference. A quarter of a century later, the documentary seems to have acquired or regained a position in better esteem. We know, all too well, that this improved position is relative, but we won’t argue although, excuse me, what documentaries are we talking about exactly? By that I mean what type of connection do they create with the public? In the name of what desire or dream does something happen between the films and the public? What underpins our obstinate efforts to bring people together and show them documentaries? We find it important to exhibit and bring into play what we do, and more importantly why we do what we do, because we willy-nilly attribute to the documentary a useful value, a social virtue that fiction does not seem to be accountable for, or perhaps is so to a lesser degree. This particularity that brings us together should not exclude the spectator; the spectator in each and everyone of us; the spectator we remain even when we are showing to others. The spectator: that irreducible condition in the relation with film that we put into play by commitment or by vocation.
What is important, in Lussas, is to listen to the people sharing the moment with us as they tell us about their relationships with the films, with film history, or television history. What is important is for us to set in motion, during our encounter, nothing less than our passions for cinema.

Guests: Jean-Louis Comolli, Pierre Oscar Lévy

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