Café ciné

Mercredi 23 août à 20 h 30 – Blue Bar

Filmer / tout voir

Des yeux multiples cernent un grand terrain : il faut que de partout, tout se voit. Ou plutôt, que tout soit vu. Balayage, quadrillage, chasse aux angles morts. Que rien ne se perde, pas un geste, pas un mouvement. Que ce terrain soit de football ou le vaste décor d’un ballet, et que la star soit Zidane ou Björk, on n’échappe pas au fantôme : le fantôme de Mabuse, celui qui incarne devant la caméra (unique) de Fritz Lang l’omniprésence d’un regard démultiplié par la technologie, un sommet du contrôle. Et l’on se souvient de ces films qui observent, analysent et mettent en scène les caméras de surveillance, le traitement des images multiples placées sous l’empire unique d’un « maître ». Surveillant en chef, réalisateur multi-caméras, arbitre, virtuose du « split-screen », manager de supermarché : personnages aux commandes. Quel désir anime le contrôleur général des yeux ? Quel est ce cinéma d’au-delà des contrats du point de vue et du découpage ? Nous échangerons donc, cette fois, extraits de documentaires et de fictions, pensées et questions, sur le contrôle et le pouvoir tels que le cinéma les représente ou les incarne, et sur ces manières de montrer troublantes, où le raffiné se mêle au trivial, où le vertige de formes « totales » prend le pas sur d’anciennes simplicités (apparentes).

Marie-Pierre Duhamel-Muller et Jean Breschand.

Café ciné

Wednesday, August 23 at 8.30 pm – Blue Bar

Film / See everything

Multiple eyes scrutinise a large open space: it is important that everywhere, everything be visible. Or rather that everything be seen. Sweeping pans, cross covering angles, elimination of blind spots. Nothing must be lost, not a gesture, not a movement. Whether the field be for football, or the vast set of a ballet, whether the star be Zidane or Björk, you can’t get away from the ghost: the ghost of Mabuse, the one who incarnates before the (single) camera of Fritz Lang the ubiquity of a point of view made multiple by technology, a high point of control. And we remember those films which observe, analyse or stage surveillance cameras, the handling of multiple images under the single power of a “master”. Head watchguard, multicamera director, umpire, split-screen virtuoso, supermarket manager: the person in charge. What desire motivates this general controller of the eyes? What is this cinema beyond the constraints of point of view or shooting script? So we will discuss, this time, excerpts from documentary and fiction films, ideas and questions, on the subject of control and power as cinema represents or incarnates them, and on the troubling ways of showing, where the refined becomes mixed with the trivial, where the vertigo of “total” forms overtakes old (apparently) simple notions.

Marie-Pierre Duhamel-Muller and Jean Breschand

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