Volker Koepp    (grille programme)

À soixante ans, Volker Koepp a réalisé une quarantaine de films documentaires dont la plus grande partie avec la DEFA, structure de production d’état de la RDA. Arpenteur minutieux, son cinéma
s’attache à décrire et décrypter sur le vif, un univers, celui d’une région, d’une ville, d’une communauté, essentiellement de l’Allemagne de l’Est dont son œuvre retrace l’histoire bouleversée. Dans le but de documenter l’évolution sociale de « son » pays, la RDA, Volker Koepp s’engage dans le tournage de films consacrés aux ouvrières du textile de la petite ville de Wittstock, dans le Brandebourg. Ces films sont devenus, au fil du temps et au-delà même de l’existence du système politique dont était issue la commande initiale, une véritable chronique de la vie d’une génération. Celle qui est née et a grandi sous le « socialisme réellement existant », et qui a subi de plein fouet les conséquences économiques de la réunification de 1990. Ses films, commencés en 1975, sur les jeunes filles de Wittstock que l’on rencontre à l’âge de l’apprentissage et que l’on quitte plus de vingt ans après, sont devenus emblématiques de son travail de cinéaste et représente une des originalités de la production documentaire est-allemande.

Avec les changements intervenus en Europe centrale et orientale, son regard peut se tourner vers des sujets, histoires et destins, qui semblaient à jamais oubliés et enfouis derrière le rideau de fer. Koepp déterre des pans de l’histoire, de la culture et de la littérature allemande et européenne profondément enracinés dans ce foisonnant « Mitteleuropa » pendant des siècles avant d’être brutalement liquidés, et dont les derniers témoins sont aujourd’hui dispersés aux quatre vents.
Le cinéaste, "privatisé" et travaillant désormais en indépendant, n’oublie pas pour autant d’observer et d'enregistrer le devenir de son propre pays (« restauration », aux dires de certains), la vie des anciens ou nouveaux acteurs qui animent désormais les mornes plaines du nord-est de l’Allemagne restées chères et familières à son cœur.

Rigoureux dans la forme (fixité et composition des plans, précision des mouvements, grande qualité de l’image, sensibilité aux proportions entre espaces et personnages, paroles et silences) son cinéma n’en est pas pour autant austère. L’attachement et l’attention qu’il manifeste aux personnages de ses films installent une tension, une pudique proximité qui ne sont pas exemptes d’humour et d’ironie et qui font preuve d’une authenticité bouleversante. De l’art et la manière de figurer les ressorts dramatiques des histoires, et, quand il fallait, de déjouer la censure.

Jürgen Ellinghaus et Christophe Postic

  
Volker Koepp

At sixty, Volker Koepp has made approximately forty documentary films, most of them with DEFA, production organi-sation of GDR state-owned cinema. Like a precise surveyor, his cinema endeavours to describe and decipher a real-life universe, that of a region, a town, a community, that of East Germany whose turbulent history is depicted by his work. With the aim of documenting social change in the GDR, “his” country, Volker Koepp set off on a series of films about female textile workers in Wittstock, a little town in Brandenburg. Over time and beyond the very existence of the “really existing socialist” political system – from which came the initial order – his films have turned into a true chronicle of one generation’s life. A generation born and raised “under the GDR”, bearing the full brunt of the economic consequences of the 1990 reunification. His films, started in 1975 with the young girls of Wittstock, whom we meet in their apprenticeship years and whom we leave twenty years later, have become the symbol of his work as a filmmaker and represent one of the original features of East German documentary production.
With the changes that have occurred in Eastern and Central Europe, his eyes could turn to subjects, histories and lives that seemed to be forgotten forever and hidden behind the Iron Curtain. Chapters of German and European history, culture and literature deeply rooted in this bountiful “Mitteleuropa” for centuries, before being brutally eliminated, whose last witnesses are today scattered to the four winds. For all that, Volker Koepp does not forget to record his own country’s future (“restoration” some say) the life of the old or new players who are from now on breathing some life into the gloomy plains of north-eastern Germany which have remained familiar and dear to him. Despite the rigorous form (arrangement of shots, precision of movement, sensitivity to the balance between spaces and characters, words and silences) his cinema is not so severe. The attachment and attention for his film characters create tension and discreet proximity that are not deprived of humour and irony, displaying deeply moving authenticity.
Art and the style of depicting dramatic story turns and, if needs be, outsmarting censorship.

Jürgen Ellinghaus et Christophe Postic

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Samedi 21 août 2004
10h00 - Salle 3

Wittstock, Wittstock
de Volker Koepp (119')
Märkische Ziegel
de Volker Koepp (34')
153' de projection.

Samedi 21 août 2004
14h30 - Salle 3

Märkische Heide, Märkischer Sand
de Volker Koepp (58')
Uckermark
de Volker Koepp (105')
163' de projection.

Samedi 21 août 2004
21h00 - Salle 1

Dieses Jahr in Czernowitz
de Volker Koepp (134')
134' de projection.


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