Un an après... Il y a des urgences qui durent
Mardi 17 août à 19h00 en salle 2

Sur les gradins du Palais des Papes d’Avignon ce 14 Juillet 2004, les techniciens et comédiens
du spectacle « vivant » ont manifesté en scandant dans l’air, en langue des signes, les trois mots résumant nos luttes : abrogation, expertise, négociation.
Pied de nez à la surdité politique de Jacques Chirac et de l’ensemble des institutions politiques en France, cette énième manifestation montre que sur le front du statut des intermittents, il n’y a rien de nouveau. Le protocole du 26 juin 2003 n’est ni abrogé, ni modifié ! Nous devons donc rester mobilisés !

Le Groupe du 24 juillet est né de la volonté de transformer les États généraux du film documentaire de Lussas en lieu de résistance en déclarant « L’état d’urgence ».
Un premier document de synthèse de nos propositions, a été rendu public le 8 janvier 2004 lors d’une réunion mobilisant près de trois cents professionnels à la Fémis à Paris.
Une journée de débat a été organisée avec l’ensemble des acteurs de la production documentaire, au Forum des Images le 25 mars dernier.
Des propositions très concrètes ont été formulées, écoutées et admises par certaines institutions, mais aucune n’a été encore mise en pratique.

La dégradation de la notion d’œuvre de création est concomitante de la dégradation du statut social des réalisateurs et des techniciens. Il faut revenir à une définition de l’œuvre qui mette l’auteur (les auteurs) au centre du processus de création. Si une société d’auteurs décide d’augmenter ses revenus en déclarant « œuvre » de simples enregistrements, c’est la notion d’œuvre qu’elle ruine faisant à terme le lit du « copyright ».

Nous constatons que les œuvres les plus originales et les plus novatrices sont de plus en plus produites en dehors des télévisions hertziennes. Il convient donc de redéfinir les missions de la télévision publique. Mais il faut aussi trouver des financements nouveaux pour répondre à la fonction démocratique que joue le documentaire, permettant à la société de travailler sur elle-même et de se questionner à partir de regards singuliers.
Nous travaillons à des propositions de financement correspondant à la réalité du travail et permettant de sortir de la dépendance à la télévision.
Nous travaillons au développement des aides à la diffusion afin de créer de nouveaux espaces et de bâtir un véritable réseau de diffusion pour les films documentaires.

Néanmoins, la télévision publique est « un bien commun ». Nous devons peser sur les pouvoirs publics pour défendre un service public qui échappe à la seule loi, aux conséquences graves, de
l’audimat et des annonceurs.
Ainsi, le président de TF1, Patrick Le Lay déclare dans un ouvrage intitulé Les dirigeants face au changement (éditions du 8e jour) : « pour qu’un message publicitaire soit perçu il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. »…
Les pouvoirs publics ont la responsabilité de veiller à ce que « l’attention portée à l’audience
exprime plus une exigence vis à vis du public qu’une volonté de performance commerciale »,
obligation inscrite dans les cahiers des charges des chaînes publiques.

Enfin, l’an dernier à Darbres, nous avons mis en évidence la convergence des attaques généralisées contre l’ensemble des services publics : la recherche, l’enseignement, la santé, le transport, les énergies, etc. Le phénomène est global car la source, l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) qui selon l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) doit régir tout le « commerce » de la pensée, est unique.
Nous devons lutter aux côtés de tous ceux dont les métiers sont aujourd’hui menacés par la privatisation et la précarité, afin d’unifier les revendications et se battre ensemble pour un projet porteur d’avenir où la question du vivre ensemble l’emporte.

Retrouvons-nous ce mardi 17 août pour débattre des revendications proposées et de l’élaboration de nouvelles propositions et actions.

I Programme 2004 I Ardèche Images I