Drac Rhône-Alpes

Cette année encore, et d’une manière éclatante avec le Festival de Cannes, le documentaire continue de voir croître son audience auprès de publics de plus en plus nombreux, tandis que sa couverture et sa reconnaissance par les médias emboîtent le pas. Que ce soit en salle ou à la télévision, le genre a désormais du succès.

On ne peut que se réjouir de cette consécration, véritable retour aux sources mêmes du cinéma, qui est né documentaire devant la sortie d’une usine. On partagera aussi sans aucun doute la joie des organisateurs des états généraux du film documentaire qui, véritables pionniers depuis 1989, ont incontestablement contribué à ce succès grandissant.

Pour autant, cette consécration ne doit pas laisser croire que la tâche est terminée, l’objectif atteint, la mission accomplie. Le succès pourrait aussi, s’il était perçu comme une mode, conduire à la production d’œuvres ou de produits
« dérivés » relevant davantage d’un plan marketing que d’une démarche créative et artistique.

C’est pourquoi, l’ambiance studieuse de Lussas est aujourd’hui encore très précieuse. Fondatrice des états généraux du film documentaire, elle se traduit par des échanges passionnés et fructueux lors des nombreux séminaires.
Il suffit d’ailleurs d’en parcourir les thèmes : Les Seuils du regard, Ces films qui
nous regardent, Prendre le risque d’une promesse... pour être convaincu que ce rendez-vous annuel est bien le lieu où se pense, se discute et se construit le regard documentaire.

Pour toutes ces raisons, je tiens à féliciter les organisateurs de cette manifestation, dont le sérieux n’exclut en rien la fête et la convivialité, et je souhaite aux participants, toujours plus nombreux, professionnels, étudiants, chercheurs, cinéphiles et spectateurs, de trouver une fois de plus à Lussas, grâce au documentaire, la passion du cinéma.

Richard Lagrange, Directeur régional des affaires culturelles

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