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Afrique : le documentaire à l'adressse du monde (grille programme)
Les films africains que nous vous proposons côtoient lélégance du quotidien et le tragique de lhistoire sans jamais être dans la désespérance. Ces documentaires se sont imposés à notre regard presque avec évidence sans doute par la puissance et la justesse de leurs liens au monde.
Le cinéma, figure paternelle, y joue pleinement sa diversité, souvent dans le rôle de la conscience contre loubli. Nous sommes donc bien, avec ces films, dans la transmission, le thème de lannée.
Linnocence perdue du cinéma, ici comme en Afrique où la violence de lhistoire immédiate est prégnante, oblige à la vigilance et la bonne nouvelle, cest que les documentaristes désormais, sur tout le continent africain, veillent. En 1996, Samba Félix NDiaye sinterrogeait dans un texte publié dans le programme du Cinéma du réel, « Il y a une autre évidence, les cinéastes africains ne filmeront pas comme les Européens, ni comme les Américains ou les Japonais, ni même ceux de lInde ou de lAmérique du Sud. Mais alors comment filment-ils donc les Africains ? Ont-ils une manière particulière de poser leur caméra, dutiliser leur objectif, dappréhender la lumière, les couleurs ? Sinspirent-ils du quattrocento italien ou de peintures rupestres du Tassili du Niger pour nous raconter leurs histoires ? ».
Samba Félix NDiaye hésitait en 1996 entre lemploi du futur « ne filmeront pas comme les Européens » et lemploi du présent. Avec ces films, le temps du cinéma documentaire se conjugue vraiment au présent. Les preuves sont là ! pas assez, pas partout mais cela est et cela vient. Quant à la nature de ce nouveau cinéma africain, la plupart des documentaires que nous avons vus et choisis pour cette édition sont dune grande sobriété formelle, des films qui répondent à la violence du réel, à la variété du quotidien, au tragique de lhistoire, sans aucun héroïsme, ni aucun exotisme, par une épure qui renvoie autant à une économie de récit quà une absence de formatage télévisuel.
Enfin, les trois documentaristes européens que nous avons souhaités intégrer à cette sélection filment en Afrique et tissent un aller-retour cinéma entre ici et là-bas. Ils donnent ainsi à cette sélection un enrichissement supplémentaire, celui de létrangeté complice à laquelle nous sommes profondément attachés en Art comme en toute chose.
Jean-Marie Barbe
Africa: documentaries directed at all the world
The African films selected combine the elegance of daily life with historical tragedy without ever descending into the depths of despair. These documentaries stood out almost naturally in our view for their powerful and accurate relations to the world.
Cinema, a fatherly figure, fully displays its diversity, often acting out of conscience against neglect. Therefore, with these films we are straight away dealing with transmission, this years theme.
The loss of cinemas innocence, here as well as in Africa, where the violence of recent history still has great resonance, imposes watchfulness and the quest for good news, but documentary directors on all the African continent are now well aware of this pitfall. In 1996, in a paper published in the Cinéma du Réel Festival programme, Felix NDiaye was wondering about this issue: Another obvious fact is that African filmmakers wont make films like Europeans, Americans or the Japanese, nor even like Indians or South Americans. But then, how do Africans make films? Do they have a specific way of placing their cameras, using their objectives and capturing colours and lights? Do they draw their inspiration from the Italian quattrocento or the Tassili rock paintings in Niger for their storytelling?.
In 1996, Samba Félix NDiaye was hesitating whether to say wont or dont make films like Europeans. However, with these films, the documentary is definitely set in the present tense. Here it is proven! Not enough, not everywhere but it is here and more is on its way. As to the nature of this new African cinema, most of the documentaries seen and selected this year feature great sobriety of form. They respond to the violence of reality, diversity of daily life and historical tragedy without heroism or exoticism, with true refinement reflecting efficient use of storytelling as well as absence of television-driven formatting.
Finally, the three European directors we wanted to add to this African selection make films in Africa and weave pictures shuttling between here and there. Thus, they shed new light on this selection, of the friendly quirkiness to which we are so deeply attached, in Art as in everything else.
Jean-Marie Barbe
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Débats en présence des réalisateurs
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Vendredi 22 août 2003 10h00 - Salle 3 Simon et moi (Collection : Steps for the future) de Beverley Palesa Ditsie, Nickie Newman (53') Ma vie en plus (Collection : Steps for the future) de Brian Tilley (75') 128' de projection.
Vendredi 22 août 2003 14h30 - Salle 3 Tanger, le rêve des brûleurs de Leïla Kilani (53') Zimbabwé, de la libération au chaos de Michael Raeburn (58') Rwanda, pour mémoire de Samba Félix NDiaye (68') 179' de projection.
Vendredi 22 août 2003 21h30 - Plein air To zali ebele (Nous sommes nombreuses) de Moussa Touré Poussière de villes de Moussa Touré (52') 52' de projection.
Samedi 23 août 2003 10h00 - Salle 3
Samedi 23 août 2003 14h30 - Salle 1 Racines lointaines de Pierre-Yves Vandeweerd (72') L’Esprit de Mopti de Moussa Ouane (54') Agadez nomade FM de Christian Lelong, Pierre Mortimore (88') 214' de projection.
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