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Projections chez lhabitant et dans les villages Les projections chez lhabitant et la stagiaire Fin juillet 2002, cest la rentrée. Je me sens dans la peau dune nouvelle. Lair transpire le platane et la tartine beurrée. Certaines restent "la petite nouvelle" très longtemps. Jai peur que ce soit mon cas ! Lan dernier aussi, jétais nouvelle. Jétais en première année de préparation aux projections chez lhabitant. Mais, yavait Serge, un ancien. Lui, il avait fait toutes les classes. Peut-être même quil navait jamais été nouveau. Jai marché dans ses traces, je me suis bien appliquée. Ma mère mavait dit (elle me connaît) : "Surtout, tu fais comme les autres, tu baisses les yeux et tu écoutes !" Ma mère est un brin conformiste, mais bon, ça sest bien passé, jai été reçue : quatre projections sur cinq jours. Des hôtes sympathiques, des films intéressants, des réalisateurs satisfaits. Pas de pluie, un bon public, des discussions tard dans la nuit, des gâteaux, du vin et la satisfaction du devoir accompli ! Mais cette année ! Jarrive guillerette, style la pub pour "Bridélice", vous voyez ? Mon cartable bourré de bonnes intentions, je les montrais à Serge, lan dernier, quand on allait en récré au bar du village. Et là, il me dit quil part en vacances quelques jours. Je dois donc trouver des habitants susceptibles de nous accueillir, des fims susceptibles de leur plaire, des réalisateurs susceptibles dêtre à Lussas au mois daoût. Je me sens seule. Cest pour ça que je vous écris. Moi, ce que je sais faire surtout, cest porter les chaises pliantes et discuter le soir de la projection. Jai pas révisé les chapitres : "choix de lhabitant et du réalisateur". Des impasses ! Ma mère me lavait dit : Je pense à Serge, parti en vacances, le regard perdu au loin. Cette année, il faut cinq projections, cest Serge qui la dit ! Moi, je vis langoisse de lexamen, la solitude du chanteur de fond et du gardien de but, le doute du chercheur, le tâtonnement du scientifique et la moiteur de lété. Quand vous lirez ces lignes, jaurai déjà dépoussiéré les chaises pliantes, les réalisateurs seront prêts, les familles lussassoises choisies, les gâteaux cuits et le vin tiré. Jallais oublier de vous parler des villages alentour où, certains soirs, un public nombreux est installé sous les arbres, prêt pour une projection-village, le nom et le concept ne font quun, cest simple comme un bonjour ! Dans ces soirées villageoises, le réalisateur est présent et participe en général à la petite fête qui suit. Je pense à Serge, le regard toujours perdu au loin, si vous allez à la mer, il porte un maillot bleu et il est entouré denfants, dites-lui quil reste encore un peu de travail car jai lâme stagiaire ! |
I Ardèche Images I