Journée Sacem  (grille programme)

Depuis plusieurs années déjà, Lussas propose, avec le concours de la Sacem, une journée de projections et de débats qui explore les divers liens entre le documentaire et la musique, dans une relation qui ne doit jamais paraître contradictoire en termes de séduction et d'information…

Aux questions récurrentes – La musique est-elle représentable ? De quelle manière les discours sur la musique peuvent-ils relever d'un traitement visuel ? La production de films sur la musique rencontre-t-elle aujourd'hui des difficultés spécifiques ? –, il ne sera pas apporté encore de réponses toutes faites, mais des études de cas, concrètes et provisoires. Le propos n'est pas de théoriser, mais de montrer des œuvres singulières relevant d'itinéraires professionnels ou personnels (portraits d'auteurs, de producteurs, de réalisateurs), afin d'entrevoir, pour reprendre le thème majeur exposé cette année, comment le cinéma avec ses moyens propres rend compte de la pensée musicale vivante, mais comment aussi la musique, en retour, participe à la conception même du film, à son écriture, c'est à dire à sa forme.
Tous les films montrés cette année relèvent de cette problématique de réciprocité.

La matinée sera consacrée à la projection d'une grande œuvre de référence du domaine documentaire, le monumental Écoute réalisé en 1992 par Miroslav Sebestik, (et projeté à Lussas cette année-là), qui a l'ambition, réussie, de représenter ce qui est en jeu dans l'écoute musicale, en montrant comment celle-ci, qui relève souvent d'habitudes passives générées par les industries culturelles, peut redevenir un acte volontaire provoqué par un désir personnel et conscient.

L'après-midi sera constitué d'une grande carte blanche, proposée à Marc Huraux, que les familiers du festival ont depuis longtemps repéré comme l'un des meilleurs réalisateurs de sa génération.
Essayiste, pédagogue, scénariste, Marc Huraux, féru de musique, a réalisé plusieurs films dont des musiciens – mais aussi les lieux où leur vie personnelle et artistique s'est inscrite – sont les personnages principaux. Marc Huraux montrera et commentera lui-même des extraits de Bird now et du Miel n'est jamais bon dans une seule bouche, consacré à Ali Farka Touré et projeté l'an dernier en copie de travail aux États généraux, mais aussi son Check the changes, où les musiciens de jazz sont la métaphore du changement social aux États-Unis des années 80 et la clé même de sa compréhension.
Enfin John Cassavetes, metteur en scène au plus près de la musique, sera présent comme référence majeure du travail du documentariste.
La séance du soir sera consacrée, comme le veut la tradition, à la projection des Prix annuels du documentaire musical, décernés par la Sacem. Tout d'abord, au titre d'une mention spéciale, le portrait de Michael Lévinas, réalisé par Yves Le Parc, où l'on retrouvera, mûri, l'un des protagonistes du film de Sebestik.
Lévinas est aujourd'hui l'un des compositeurs importants de sa génération. Sa parole, son talent d'interprète captés par Le Parc, donnent le sentiment qu'une pensée en mouvement se construit devant nous, pour nous. Même problématique de la transmission des savoirs, celui du compositeur Ligeti, le musicien vivant le plus joué dans le monde, et de son interprète, Pierre-Laurent Aimard, avec le documentaire lauréat Études pour piano de Györgi Ligeti, terme que l'on espère tout provisoire de la lumineuse collection d'Arnaud de Mezamat et Élisabeth Coronel, consacrée à la musique de piano du xxe siècle.

Olivier Bernard
responsable de l'action culturelle de la Sacem

 Journée Sacem

For the past few years, Lussas, in collaboration with the Sacem, has offered a day of screenings and debates exploring the different links between documentary and music in a relation which has never appeared contradictory in its terms, seduction or information…

To the recurring questions – Is music representable ? How can words on music be given a visual treatment ? Does the production of films on music raise specific difficulties these days ? –, there will be no final answers but case studies, concrete and provisional. The idea is not to theorise, but to show particular works emerging from professional or personal trajectories (portraits of authors, producers, directors) in such a way as to open up a perspective on the major theme this year : how can cinema with its own devices give an account of living musical thought, but also how can music, in turn, participate in the very conception of a film, its writing, its form.
All the films shown this year relate to this problem of reciprocity.

The morning will be devoted to the projection of a reference work in documentary, the monumental Écoute directed in 1992 by Miroslav Sebestik (and projected at Lussas that year) which achieves the ambition of representing what is at stake in musical listening and demonstrating that this act, which most often involves the passive habits generated by the entertainment industry, can become a wilful act stimulated by conscious and personal desire.

The afternoon consists of an open invitation to Marc Huraux, a longtime festival regular and one of the best directors of his generation.
Writer, pedagogue, scenarist, musically cultivated, Marc Huraux has directed several films where musicians, as well as the places important in their personal or artistic lives, have been the main characters. Marc Huraux will screen and comment on several excerpts from Bird now and Honey is never good in only one mouth on Ali Farka Touré and projected last year in work print form at the États généraux. We will also see Check the changes where jazz musicians become a metaphor of, and the key to understanding, social change in the USA in the eighties.
Finally John Cassavetes, a director who was very close to music, will be presented as a major reference for documentary filmmakers.

The evening screening will be traditionally given over to the projection of the annual Musical Documentary Prize awarded by the Sacem.
First of all, a special mention screening of the portrait of Michael Lévinas directed by Yves Le Parc. This film presents us, matured by a few years, with a personality already visible in Sebestik's film. Lévinas is today one of the important composers of his generation. His words, his talent as an interpreter captured by Le Parc give us the feeling of thought in motion being constructed before us, for us.
There is the same problem of transmission of knowledge concerning the composer Ligeti, the most often played living musician in the world today, and his interpreter, Pierre-Laurent Aimard, with the prize winning documentary Études pour piano de Györgi Ligeti, the end, we hope only temporary, of the luminous collection by Arnaud de Mezamat and Élisabeth Coronel devoted to 20th century piano music.

Olivier Bernard
head of cultural events at the Sacem

    Au programme

Vendredi 24 août 2001
10h00 - Salle 2

Écoute
de Miroslav Sebestik (120')
120' de projection.
Débat en présence des réalisateurs

Vendredi 24 août 2001
14h30 - Salle 1

Check the changes
de Marc Huraux (85')
Shadows (1958-59)
de John Cassavetes (87')
Le Miel n’est jamais bon dans une seule bouche
de Marc Huraux (90')
Bird now
de Marc Huraux (90')
Débat en présence des réalisateurs

Vendredi 24 août 2001
21h00 - Salle 1

Mention Spéciale et Prix Sacem
Michaël Lévinas, La Quête de l’inattendu
de Yves Le Parc, Yves Le Blanc, Danielle Cohen-Lévinas (52')
Trois Études pour piano de György Ligeti (1985)
de Élizabeth Coronel, Arnaud de Mezamat (34')
86' de projection.
Débat en présence des réalisateurs


Tous les films d'un coup d'oeil


À l'issue de la séance du soir, remise du prix Sacem du meilleur documentaire musical suivie d'un cocktail offert par la Sacem

I Ardèche Images I