Sergei Loznitsa  (grille programme)

[…] Je vois Polustanok (The Halt) comme une métaphore de la situation actuelle des gens en Russie. Il me semble que la Russie se trouve dans un état de léthargie avancée. Il y a 10 ans, j'ai été – comme la plupart des gens de mon âge – porté par l'espoir. Entre-temps, je sais que nous avons été nourris d'illusions, surtout en ce qui concer ne le rythme des changements attendus. Maintenant, je crains que l'on n'ait pas en Russie la patience nécessaire aux changements de longue haleine.

Tout, tout de suite, sinon rien…

Au bout du compte, ce dilemme laisse les gens coincés dans une salle d'attente. J'observe cet état de "chute hors du temps" chez les gens autour de moi, quels que soit l'heure du jour et le lieu ; à Moscou seulement semble exister une dynamique, il suffit de regarder les gens dans les yeux pour s’apercevoir de tout cela.

Même si l'on parle encore et encore de changements, je ressens toujours la même pénible impression, qu'à part les choses extérieures comme les aménagements des appartements ou la façon de s'habiller, rien n'a vraiment changé chez nous dans le quotidien ; les relations humaines sont, dans le fond, hélas, toujours les mêmes…

Sergei Loznitsa

 Sergei Loznitsa

[…] To me, Polustanok (The Halt) is a metaphore for what people in Russia are living today. Russia would appear to be in a state of advanced lethargy. Ten years ago, I felt the way most people my age did, filled with hope. In the meantime we were fed illusions, especially about the time that would be needed for all the changes we were expecting. I now believe that we in Russia do not have the patience needed for changes that take a long time.

Everything, now or never...

The current dilema simply leaves people stuck in a waiting room. I have observed this "falling out of time" phenomenon in the people around me everywhere and at all times of the day or night. In Moscow it must exist the dynamics ; all you need to do is look into people’s eyes to see it.

Even if people are constantly talking about change, I still have the terrible impression that with the exception of what we see on the outside, such as how appartments are decorated or how people are dressing, nothing has really changed here ; nothing that is part of our daily lives. How humans relate to one another is something that, unfortunateny, has remained the same…

Sergei Loznitsa

    Au programme

Mardi 21 août 2001
14h30 - Salle 1

Segodnya my postroim dom
(Today we are going to build a house)

de Sergei Loznitsa, Marat Magambetov (28')
Isn, Osen
(Life, Autumn)

de Sergei Loznitsa, Marat Magambetov (35')
Polustanok
(The Halt)

de Sergei Loznitsa (25')
Poselenie
(The Settlement)

de Sergei Loznitsa (77')
165' de projection.
Débat en présence du réalisateur à l'issue de la séance


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